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La Coupe Clarkson inspire

La Coupe Clarkson inspire

Le succès dans la LCHF motive les Japonaises

Publié 29.03.2016 12:32 GMT-7 | Auteur Kristen Lipscombe
La Coupe Clarkson inspire
La défenseure japonaise Aina Takeuchi espère que son expérience et celle de quelques-unes de ses coéquipières en Amérique du Nord se traduiront par de meilleurs résultats pour son équipe au Championnat mondial de hockey sur glace féminin 2016 de l’IIHF. Photo : Matt Zambonin / HHOF-IIHF Images
Pour la défenseure Aina Takeuchi, soulever la coupe Clarkson aux côtés de ses coéquipières de l’Inferno de Calgary a été le plus beau souvenir de sa vie.

Ce sentiment est particulièrement profond compte tenu de tout le travail acharné que la joueuse japonaise a dû faire sur la patinoire et à l’extérieur de celle-ci pour vivre ce moment de gloire.

Takeuchi, 24 ans, et sa coéquipière à la ligne bleue Kanae Aoki, 31 ans, ont écrit une page d’histoire le 13 mars dernier en aidant l’Inferno de Calgary à remporter son tout premier championnat de la Ligue canadienne de hockey féminin grâce à une victoire de 8-3 sur les Canadiennes de Montréal, et en devenant ainsi les premières joueuses japonaises à soulever cette coupe.

« Ce fut une expérience totalement différente, » a affirmé Aoki – qui a commencé à jouer au hockey à huit ans dans sa ville d’origine de Tomakomai – à propos de la victoire sur les triples championnes en titre de Montréal pour s’emparer du reluisant trophée.

« J’ai remporté plusieurs ligues au Japon », a-t-elle expliqué à IIHF.com. « Cependant, je n’ai jamais célébré autant qu’à la Coupe Clarkson. Ce fut très fascinant pour moi de voir qu’autant de personnes s’intéressent au hockey féminin ici au Canada. »

L’Inferno avait terminé derrière les Canadiennes au cours de la saison régulière 2015-2016, accumulant une fiche de 16-0-0-1-1-6 comparativement à celle de 20-0-1-0-0-3 de Montréal, au premier rang du classement de la ligue.

« Mon équipe a beaucoup de bonnes joueuses, alors j’ai pensé que nous pouvions gagner le match, » a affirmé Aoki au sujet de la finale de la LCHF opposant les deux meilleures équipes de la saison, avant d’ajouter que les filles de l’Inferno sont aussi de très bonnes personnes. Aoki a tenu un bâton de hockey pour la première fois à huit ans sur l’île de Hokkaido.

La neuvième saison de la LCHF vient de prendre fin et son trophée, qui porte le nom de l’ancienne gouverneure générale du Canada Adrienne Clarkson, est depuis longtemps vu comme la coupe Stanley du hockey féminin.

Bien que cette notion soit actuellement remise en question à la suite de la création de la Ligue nationale de hockey féminin (NWHL) et de sa coupe Isobel la saison dernière, pour Takeuchi, elle a l’occasion de jouer au Canada aux côtés des « meilleures coéquipières de tous les temps », ajoutant que ces dernières sont aussi comme des amies et des membres de la famille.

« J’ai appris tellement de choses d’elles et je suis vraiment fière de ce groupe, » affirme Takeuchi.

« Je suis certaine que cette ligue offre le plus haut niveau au monde, » dit-elle en soulignant les habiletés, la puissance et la vitesse, non seulement de l’Inferno de Calgary, mais aussi des autres équipes de la LCHF, soit les Blades de Boston, le Thunder de Brampton, Les Canadiennes (anciennement les Stars de Montréal), et les Furies de Toronto.

« Jouer dans la LCHF avec et contre quelques-unes des meilleures joueuses au monde m’aide à m’améliorer », dit Takeuchi.

« Je crois que la LCHF est une des meilleures ligues au monde et je suis contente d’avoir pu jouer dans ce milieu », renchérit Aoki.

Il va sans dire que la décision de faire ses bagages et de déménager outre-mer pour jouer au hockey avec un groupe de Canadiennes qui ne connaissaient sans doute que quelques mots de japonais n’a pas été facile.

Aoki et Takeuchi admettent que la double médaillée d’or olympique Carla MacLeod a eu une grande influence sur leur décision. L’ancienne de l’équipe nationale féminine du Canada originaire de Calgary est entraîneure adjointe de l’équipe nationale féminine du Japon. Elle a aidé à mener l’équipe surnommée Smile Japan à sa première participation olympique à Sotchi en 2014, même si celle-ci ne faisait pas partie des favorites.

« Après [les] Jeux de Sotchi, j’ai pensé que pour développer mon plein potentiel et m’améliorer, il fallait que je déménage pour jouer avec et contre les meilleures, » dit Takeuchi.

« C’est pourquoi j’ai joué au hockey au Canada, dit-elle. Aussi, Carla MacLeod m’a aidé à jouer avec l’Inferno de Calgary. »

La réponse d’Aoki est semblable : « J’avais entendu dire que cette équipe était très bonne, mais ce fut surtout l’influence de Carla. »

Même si Aoki ne représentera pas le Japon au Championnat mondial de hockey sur glace féminin 2016 de l’IIHF cette semaine à Kamloops, elle possède beaucoup d’expérience internationale, incluant les Jeux olympiques d’hiver de 2014 à Sotchi en Russie et trois championnats mondiaux.

Elle croit que le fait de jouer aux côtés de ses coéquipières canadiennes et sous la direction d’entraîneurs chevronnés comme MacLeod, l’entraîneure adjointe de l’Inferno, Gina Kingsbury, aussi double médaillée d’or olympique, et l’entraîneur-chef Scott Reid, mari de la vétérante Meaghan Mikkelson-Reid d’Équipe Canada, est essentiel à l’essor du hockey féminin dans son pays natal.

« Le Japon n’offre pas le meilleur milieu pour que l’équipe et les joueuses s’entraînent et s’exercent; cependant, nous sommes devenues une équipe qui peut rivaliser contre le monde », souligne Aoki.

Takeuchi portera à nouveau le noir, le rouge et le blanc de son pays au championnat mondial cette année. Le Japon occupe le huitième rang au classement mondial. Les cinq meilleures équipes à l’issue du Mondial féminin 2016 se qualifieront pour les Jeux olympiques d’hiver de 2018 à Pyeongchang en Corée. Il restera deux autres places à combler lors de tournois de qualification.

Les Japonaises Sena Suzuki, une défenseure des Furies de Toronto, et la gardienne de but Nana Fujimoto, qui joue pour les Riveters de New York dans la NWHL, laceront également les patins cette semaine à Kamloops.

Takeuchi, qui a déjà pris part à trois championnats mondiaux féminins en plus des Jeux de Sotchi 2014, a confiance que ce qu’elle a appris au cours de sa saison avec l’Inferno de Calgary aidera le Japon à continuer de gravir les échelons au hockey féminin.

« Nous mettrons notre équipe en valeur à ce championnat mondial, » dit-elle.

Le Japon, qui fait partie du groupe B avec la République tchèque, la Suède et la Suisse, a perdu son premier match 4-2 lundi au McArthur Island Centre.

Le Japon affrontera également la Suède, mardi, et la République tchèque, jeudi, pour clore sa participation à la ronde préliminaire du Championnat mondial de hockey sur glace féminin 2016 de l’IIHF à Kamloops.

 

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